Le leader du parti politique Congo Na Biso (CNB), Freddy Matungulu, est rentré à Kinshasa, le 3 octobre, en provenance de Washington aux États-Unis. L’avion d’Ethiopian Airlines qui l’a ramené au pays après plusieurs années passées au pays de l’oncle Sam où il a travaillé au Fond monétaire international (FMI), a atterri aux environs de onze heures cinquante minutes à l’aéroport international de Ndjili.

 

De nombreux militants de la nouvelle formation politique CNB étaient rassemblés à la sortie de l’aéroport pour ovationner cette personnalité politique qui draine la réputation d’être intègre et austère dans son travail. Le cortège du président de CNB, composé des bus et d’autres véhicules avec des banderoles aux écrits lui souhaitant un bon retour au pays, s’est ensuite ébranlé de l’aéroport jusqu’au siège du parti situé sur la troisième rue dans la commune de Limete. C’est par milliers que des militants, sympathisants et autres invités, parmi lesquels des chefs coutumiers et l’opposant politique Chalupa, ont accueilli ce désormais leader politique.

Et Freddy Matungulu s’est, pendant plus d’une quinzaine de minutes, adressé aux militants, les remerciant de l’accueil chaleureux qui lui ont réservé. D’abord en lingala et ensuite en français, il a abordé de manière sobre et concise les grandes questions du pays et les raisons de son retour : « Notre pays a besoin d’un nouveau départ. Il y a une année, j’ai quitté mon emploi au FMI, parce que j’ai entendu les réclamations des compatriotes. Nous sommes revenus au pays, parce que nous en avons fini avec l’étranger. De toute façon, on ne lance pas un projet d’envergure de Congo Na Biso pour le gérer à partir de l’étranger. C’est toujours avec la même émotion, chaque fois que j’atterris ici et que je revis tous ces sentiments qui me replacent dans mon enfance que j’ai passée avec vous, et qui me rappellent mon obligation de fidélité à la Nation congolaise». Il a eu un mot pour le Kivu : « Cette province qui souffre un martyr tout à fait inexplicable et nous avons l’obligation le plus rapidement possible de trouver des solutions pérennes à cette situation d’instabilité et d’insécurité chronique dans le Kivu ». Freddy Matungulu a aussi évoqué la question de l’organisation des élections en 2016 : « Nous devrions en tant que pays avoir un chemin balisé, nous emmenant à ces élections l’année prochaine, un gouvernement travaillant sur un programme politique nous emmenant à ces élections, alors que toutes les forces vives de la Nation, toutes les institutions du pays seraient également en train de travailler sur le programme de développement économique, c’est important si nous voulons trouver des solutions pérennes à la question de la grande pauvreté qui sévit dans notre pays ». Mais au lieu de cela, a regretté celui qui était ministre des Finances de la RDC de 2002 à 2003, le pays est « dans une confusion entretenue pour des desseins inavoués ».

 

Présidentielle… glissement…

 

Le président du CNB avait affiché, de manière un peu voilée, son ambition de présenter à la présidentielle de 2016. Et lors de son speech le samedi, il y est revenu en ces termes : « En ce qui concerne mon ambition sur la grande problématique de la course à la présidentielle de l’année prochaine, là également j’ai dit à plusieurs reprises, dans une certaine mesure c’était désormais un secret de polichinelle. Cependant, j’ai toujours pensé qu’il était important, par respect pour mon pays, pour le sol de mes ancêtres, et pour la population congolaise, que je ne me prononce pas sur une question aussi importante à partir de l’étranger. Maintenant je suis là,… c’est une question de temps, de lieu… Nous allons finir par nous prononcer de la façon la plus formelle et la plus définitive possible sur cette question ».

Quant au fameux glissement du calendrier électoral qui défraie la chronique, Matungulu a été clair : « Nous sommes contents que le Congolais aujourd’hui n’aient plus à se faire rappeler le rôle fondamental qui doit être le sien dans la définition de l’avenir de notre pays. À plusieurs reprises, on m’a posé la question en Europe, aux États-Unis, de savoir ce que je pensais du glissement. Ma réponse a toujours été la même. À partir du moment où pratiquement 95 % de la population qui sont opposés à ce glissement, je ne vois pas de raison pourquoi on devrait avoir ce fameux glissement».

Aussi a-t-il souhaité s’adresser à la population congolaise dans un meeting, pour la première fois, à Kinshasa au cours duquel il évoquera toutes ces questions : « C’est important qu’au-delà du CNB, nous puissions avoir l’opportunité de dialoguer avec le peuple congolais, à travers, dans un premier temps, la population de la ville Kinshasa ». Il a conclu son adresse par ces mots : « Nous avons l’obligation de faire en sorte que quand la Nation nous appelle, nous devons répondre sans équivoque présent. Je ne peux qu’être extrêmement réconforté d’être là, avec ceux qui croient et savent que le Congo peut être géré, mieux, autrement et nous en avons la conviction. Le Congolais doit savoir que l’avenir du pays dépend de lui parce qu’il est le souverain primaire ».

 

Martin Enyimo

Légendes et crédits photo : 

Matungulu saluant les chefs coutumiers au siège du CNB à Kinshasa

Kinshasa : Freddy Matungulu favorablement accueilli dans la ville-capitale

Lundi 5 Octobre 2015 - 20:00

 

 

 

 

A l’instar de son aîné Ouattara qui est en train de transformer la Côte d’Ivoire, ce professeur des sciences économiques a vraiment le profil d’un nouveau type de chef d’Etat dont notre pays a grandement besoin. Il est l’un des rares Congolais potentiels aspirants à la magistrature suprême à avoir les mains propres en dépit de sa longue implication dans la gestion de divers aspects de la vie nationale. Il n’est ni ancien rebelle, ni Kuluna en cravate. Il a été ministre au 

sens premier du mot latin «minister» qui veut dire «serviteur». Il a servi et rendu le tablier aussitôt après quand les conditions de travail n’étaient plus propices. Il n’a jamais été partisan de la pratique congolaise de «Ku basadilanga Ku badilanga» (qui travaille à l’hôtel, mange à l’hôtel !).

Il n’a jamais dîné avec le diable, question de principe. Il est très pondéré, choisit bien ses mots par respect à tout interlocuteur, mais sait très bien défendre son point de vue. Qui plus est, il a l’allure d’un «grand-prêtre» – pas dans le sens kinois de l’expression – mais de grand-prêtre catholique, donc un évêque par le timbre de sa voix et par l’expression rassurante de son visage. «Il suffit de lui faire porter une soutane pour courir aller se confesser devant lui», a dit avec humour un internaute qui l’a récemment découvert  s’exprimant lors d’une interview.

Une chose est vraie, Freddy Matungulu a une vision d’un Congo grand, fort et réellement démocratique. Sa vision pour le Congo est celle d’une nation d’intègres bosseurs récompensés à leur juste valeur ; un pays qui sache vivre et pratiquer la méritocratie. De son éducation antérieure, il a gardé le sens de la rigueur au travail.

Dans cette Afrique où l’on n’est souvent «respecté» en politique que quand on se présente avec un bataillon de milices derrière soi, plus qu’avec des idées, Freddy Matungulu n’ira pas au-devant des Congolais avec une armée d’enfants-soldats, car il est convaincu que la place des enfants est à l’école. Son armée à lui, c’est la majorité silencieuse qui est assoiffée du changement vrai et du mieux-être dans un pays qui en a le potentiel.

 

Les idées fortes de son programme

 

Alors quand vous posez la question au professeur Matungulu  au sujet de ce qu’il entend par «servir le pays», il vous donne une réponse qui donne toute la mesure de sa personnalité et de son rêve pour cette nation congolaise qui a fait de lui ce qu’il est devenu et qu’il tient à servir: «Pour moi, servir le pays en tant que chef de l’Etat, c’est mettre en place un environnement qui permette à tous les Congolais, à commencer par ceux qui sont au bas de l’échelle, de se sentir et d’être impliqués dans la conduite de la nation; de mettre leurs talents au service du pays. Cela suppose la création d’une société ouverte au débat, à la pluralité des idées et des opinions; dans laquelle le vote  refléterait réellement les choix politiques des électeurs. L’obligation pour les dirigeants de rendre compte doit être un pilier fondamental d’une telle nouvelle société 

congolaise. La sanction des dirigeants par la population en serait un deuxième élément crucial. Plus personne ne serait au-dessus de la loi. C’est dans ce contexte que la corruption et les abus de pouvoir seraient plus efficacement combattus. Le Congo redeviendrait ainsi un Etat de droit, respectable. La respectabilité retrouvée du pays et de l’Etat, aux plans intérieur et extérieur, favoriserait le retour des investisseurs, y compris les compatriotes de la Diaspora, et la création d’emplois nouveaux, générateurs et porteurs de revenus stables pour nos populations, dans tous les grands secteurs de l’économie. C’est à ces conditions que la croissance deviendrait inclusive, partagée, et bénéficiant à la majorité de la population ; et que la RDC retrouverait sa respectabilité internationale aujourd’hui perdue».

 

 

Lorsqu’on interroge ceux qui ont connu Freddy Matungulu dans son enfance et dans sa jeunesse, il y a ceci qui revient comme un refrain : le sérieux dans les études et dans la vie de tous les jours. Ce que lui-même confirme : «J’étais un enfant très sérieux, assidu, extrêmement discipliné, systématiquement le premier ou parmi les premiers éléments de mes différentes classes – en termes de résultats scolaires. En tant que chef de classe, j’ai prononcé le discours de fin de classe de ma promotion aussi bien à la fin des humanités, à Bandundu, qu’à la fin de la licence en sciences économiques,  à l’UNIKIN !».

 

Moralité. Il avait en lui cette marque de leader que la nature n’octroie qu’à une poignée de personnes dans chaque génération et dans chaque nation. On peut vraiment rêver du blason redoré du Congo dans un avenir proche : à condition que les élections aient bien lieu, dans la transparence ; et que le choix du souverain primaire soit rigoureusement respecté!

 

Par Gabriel Kwambamba
Nebraska, Etats Unis

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