Qu'est-il devenu, le Pr. Matungulu ?

 

 

 

Le Potentiel (Kinshasa)
ÉDITORIAL
10 Mai 2005



Lorsqu'au mois de mars 2001, alors qu'il est en poste à Yaoundé (Cameroun) pour le compte du Fonds monétaire international (Fmi), M. Matungulu Mbuyamu accepte de répondre à la demande du président Joseph Kabila de devenir ministre des Finances de la Rdc, les Congolais s'interrogent sur ce que l'ancien professeur de politique monétaire de l'Université de Kinshasa peut réaliser.
En effet, sur tous les plans, la situation de la Rdc était des plus déplorables. L'économie du pays était sinistrée et les finances
de l'Etat étaient dans une situation des plus précaires. L'hyperinflation battait son plein, et la monnaie nationale
était en constante dépréciation. La quasi-totalité des entreprises publiques opérant dans les secteurs minier, industriel,
agro-pastoral et commercial au Congo, étaient pillées par les dirigeants du pays ou en faillite.
Du fait de la guerre et surtout à cause du manque de visibilité des options de la politique économique du pays, les 
investisseurs potentiels traînaient les pieds. C'est donc au chevet d'une économie exsangue qu'est venu se placer 
le nouvel argentier congolais.

Matungulu va administrer à la Rdc une cure digne d'un malade en état d'agonie : réduction du train de vie de l'Etat, 
gel de la planche à billets, libéralisation du taux de change et des prix, stricte discipline budgétaire, politique 
salariale extrêmement prudente, libéralisation du commerce extérieur, etc. Résultats: l'hyperinflation est  domestiquée et le taux d'inflation passe de 3 à 1 chiffre, tandis que le taux de croissance réel de l'économie redevient positif à partir de 2002. En outre, les exportateurs de l'or et du diamant ont repris à déclarer leurs colis auprès des organismes officiels.

A la suite de ces premiers résultats encourageants, les dirigeants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire 
international et de la Banque africaine de développement ont rendu visite à la République démocratique du Congo 
et ont signé des accords de coopération avec Kinshasa. Plusieurs conférences des pays créanciers du Congo sont 
convoquées à Paris et Bruxelles et ont permis à la Rdc d'obtenir un allègement substantiel de sa dette extérieure, 
ainsi que l'annonce d'appuis financiers à la dimension du pays.

Dans la foulée, pour la première fois depuis des lustres, des travaux de réhabilitation des infrastructures économiques et sociales du pays sont initiés. A l'instar de la réhabilitation du tronçon Mbanza-Ngungu-Matadi de la Route nationale N°1.

Nul n'étant prophète chez lui, Matungulu et son travail sont incompris de certains de ses compatriotes. Pourtant, cet 
homme, qui dispose d'un carnet d'adresses bien riche et entrées faciles au sein des organisations financières 
internationales, n'est habité que par un seul souci : mettre ses compétences et ses relations de par le monde au 
service de son pays.

Fait très rare dans la pratique politique en Rdc, la démission de M. Matungulu Mbuyamu de son poste de ministre 
des Finances et Budget a marqué les esprits de la majorité des Congolais. 
Depuis son départ du gouvernement le 17 février 2003, l'ancien argentier national s'est enfermé dans un 
assourdissant mutisme imposé par ses fonctions au Fonds monétaire international, à Washington DC, Etats-Unis.
En ces instants délicats pour la nation congolaise, il est opportun que l'ancien argentier soit remercié pour avoir su 
non seulement prêcher par l'exemple, mais aussi et surtout pour avoir humblement montré à ses compatriotes que 
la recherche permanente de l'excellence peut aussi être congolaise. Coup de chapeau donc, M. le ministre, pour un 
travail très bien fait.

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